Le vin slovène, un produit qui s’exporte de plus en plus


Route des vins en forme de coeur en Slovénie. Photo: SloveniaInfo

Route des vins en forme de coeur en Slovénie. Photo: IfeelsLOVEnia.

Ljubljana, le 4 novembre 2017 – Le vin est devenu ces dernières années une opportunité d’exportation de plus en plus importante pour la Slovénie. Cette période de festivités de la Saint Martin (ndlr : 11 novembre, fête du vin nouveau en Slovénie ainsi que dans d’autres pays d’Europe centrale) s’accompagne d’ailleurs de nombreuses publications et statistiques dédiées aux thèmes du vin et de la viticulture. Ainsi, les viticulteurs slovènes ont exporté l’année dernière pas moins de 14 millions de litres de vin dont la plus grande partie vers l’Italie, les États-Unis, l’Autriche, la Croatie et les Pays-Bas. Fait notable depuis quelques années, les exportations de vin slovène vers la Chine sont en constante augmentation et ont atteint cette année la valeur d’un million d’euros.

Selon les derniers chiffres publiés par l’Office de la statistique slovène (SURS), alors qu’en 2009 les exportations totales des viticulteurs slovènes en Chine représentaient à peine 91 000 euros, celles-ci ont atteint l’année dernière 845 000 euros et ont dépassé, cette année, rien que sur les neuf premiers mois, le seuil du million d’euros.

Durant cette même période, on note également une croissance des importations de vin. L’année dernière, la Slovénie en a importé 13 millions de litres dont 85 % en provenance d’Italie, France, République de Macédoine, Allemagne et Espagne.

Durant cette dernière décennie, le prix moyen de vente au détail du litre de vin de qualité supérieure s’est accru de près de 50 %, cela aussi bien dans les commerces que dans les débits de boisson et les restaurants, soit un prix constaté de 3,05 euros du litre dans les commerces et de 12,81 euros dans la restauration.

Selon les dernières statistiques, les Slovènes occupent la 3ème place quant à la consommation de vin dans l’Union européenne (UE). Avec 43 litres par personne et par an, la Slovénie se place juste derrière le Luxembourg (50 litres) et le Portugal (48 litres). La moyenne européenne se situe à 23,9 litres par habitant et par an. Parmi les plus petits buveurs de vin de l’UE, on retrouve les Polonais qui en consomment vingt fois moins que les Slovènes.

Ces statistiques indiquent par ailleurs que cette année est l’une des pires en termes de quantités produites : les vignerons slovènes n’ont en effet vendangé que 91 000 tonnes de raisin soit 4,5 % de moins que l’an passé ou encore 15 % de moins que la moyenne des dix dernières années. Les conditions climatiques ont été particulièrement défavorables pour les variétés et cépages de raisins rouges qui ont vu leur rendement à l’hectare chuter de près d’un cinquième par rapport à la moyenne décennale.

Concernant les vignerons en Slovénie, on note que leur nombre s’est accru de près d’un cinquième ces dix dernières années. Ainsi, 30 210 personnes travaillaient dans le domaine de la vigne en 2015 pour une surface totale cultivée de près de 15 700 hectares.

En même temps, on observe qu’un vigneron ou producteur de raisin slovène moyen cultive en 2015 une surface plus petite qu’en 2009. D’ailleurs, la surface totale consacrée à la production de raisin est en baisse de 4 %. Comme l’indiquent les études, la taille moyenne des vignobles est de 0,32 hectare, plantés majoritairement de cépages blancs (deux tiers des surfaces cultivées).

On constate aussi, depuis ces dix dernières années, que les vignerons optent plutôt pour des cépages blancs lors de nouvelles plantations ou renouvellement de vignobles avec pour cépages dominants le sauvignon qui a vu ses surfaces nouvellement plantées augmenter de 224 hectares. On trouve ensuite le chardonnay et le malvoisie blanc (ndlr : un cépage répandu sur les pourtours de la mer adriatique). Pour ce qui concerne les nouvelles plantations en cépages rouges, ce sont surtout les variétés autochtones telles le refošk (refosco), modra frankinja (bleu de Franconie, un cépage très ancien) et žametovka (une variété proche du bleu de Franconie donnant un vin dit noir de velours et célèbre car un pied de cette variété poussant à Lent, le quartier de la vieille ville à Maribor, est considéré comme la plus ancienne vigne encore productive au monde) qui ont vu leur surface augmenter.

En Slovénie, du fait des spécificités des modes de production et des conditions propices à la viticulture, les vignes sont majoritairement plantées sur des terrains en pente. Les surfaces viticoles les plus importantes se trouvent dans la région de Podravje (bassin de la rivière Drava, nord-est). Cette région a elle seule représente 40 % des surfaces viticoles totales en Slovénie. Elles sont occupées à 93 % par des cépages blancs, en particulier le laški rizling (riesling italien blanc), le sauvignon, le riesling et le chardonnay. Vient ensuite la région du littoral adriatique (Primorska, en slovène) regroupant les vignobles de Goriška brda, la vallée de la Vipava, le Karst et l’Istrie slovène dans lesquels on cultive davantage de cépages rouges, quand bien même les cépages blancs occupent encore la majorité (55 %) des surfaces cultivées. Parmi les cépages rouges ce sont le refošk, le merlot et le cabernet sauvignon qui dominent.

À l’inverse, dans la région viticole de Posavje, dans le sud-est du pays, composée des vignobles de Bizeljsko, Bela krajina (Carniole blanche) et Dolenjska (Basse-Carniole), ce sont principalement les cépages rouges qui sont cultivés (58 %) avec une grande part consacrée à la variété žametovka (voir ci-dessus), ensuite viennent le bleu de Franconie, le riesling et le kraljevina (dit Portugais rouge, qui donne en fait des vins blancs). Ces vins entrent dans la composition d’un vin local connu, le cviček. Il s’agit d’un vin unique en son genre élaboré à partir d’un surprenant assemblage de cépages rouges et blancs, sur le même mode que le vin italien Chianti avec lequel il partage cette particularité.

La Slovénie compte parmi les pays dont la vigne occupe une grande part des terres agricoles par rapport à la moyenne européenne. Les vignobles y représentent en effet 3,3 % des surfaces cultivées totales. Dans ce même groupe on retrouve d’autres pays d’Europe du sud : l’Italie, Malte, Chypre et le Portugal. Ces derniers consacrent même plus de 4 % de leurs terres agricoles à la vigne. À titre de comparaison, un pays comme l’Espagne, qui est le plus important producteur de raisin en Europe (941 000 hectares), se place juste en-dessous de ce seuil pour ce qui concerne la viticulture.

 

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