Bières de Slovénie : le brasseur slovène Laško


Mise à jour (18/01/2016) : l’offre publique d’achat proposée par le brasseur Heineken NV concernant les 43,49 % du capital restant détenu par les actionnaires minoritaires de Pivovarne Laško a été couronnée de succès. Par cette opération, Heineken est désormais détenteur de 96,92 % du capital du brasseur slovène Pivovarne Laško. Le groupe néerlandais avait déjà acquis une première tranche de Laško en avril de l’année dernière représentant 53,43 % du capital (119,5 millions d’euros). Il s’était alors engagé à acquérir le reste du capital, conformément à la réglementation sur les privatisations en vigueur en Slovénie. Les sommes consacrées par Heineken au rachat de Pivovarne Laško ont principalement servi au règlement des dettes bancaires des deux usines du groupe (Pivovarna Laško et Pivovarna Union) qui avoisinait les 185 millions d’euros. Article de STAkrog.

Dernière minute (13/04/2015) : le brasseur slovène Laško a été acquis par le groupe néerlandais Heineken à hauteur de 51,55 % de son capital pour 114 millions d’euros. Cette acquisition valorise Laško à 224 millions d’euros (et 400 millions si on inclut la dette). Article Les Échos.

Selon les informations relayées par divers organes de presse slovènes et internationaux, les offres engageantes (binding offers) pour le rachat du groupe Laško, le principal brasseur slovène (90 % des parts de marché), expireront le jeudi 19 mars prochain.

Lasko Pivo, Slovénie http://www.pivo-lasko.si

Les bières Laško, la tradition de la brasserie slovène depuis 1825

Parmi les soumissionnaires potentiels sollicités, on compte les fonds d’investissements KKR, Bain Capital, CVC Capital et Mid Europa. Des industriels du secteur de la brasserie sont également consultés à l’instar des groupes danois Carlsberg et turc Efes Pilsen qui n’ont finalement pas souhaité participer, peut-être échaudés par leurs déboires récents en Russie.

Cependant, ce qui fait couler beaucoup d’encre (et de bière) ces jours-ci en Slovénie, c’est la manifestation d’intérêt du groupe néerlandais Heineken. En effet, le brasseur batave a clairement exprimé son souhait d’acquérir le groupe Laško au cours d’une conférence de presse organisée hier à Amsterdam et à laquelle les journalistes slovènes ont été conviés en masse.

Le géant Heineken est déjà présent dans pratiquement tous les pays voisins de la Slovénie. Il est donc logique qu’il s’intéresse également à la Slovénie et à Laško, d’autant plus que l’appareil de production du brasseur slovène est très bien équipé aussi bien sur le site de la région de Laško que sur celui de Ljubljana, où est brassée la bière de son autre marque Union.

Les intentions de Heineken en Slovénie sont de conserver les deux marques phares de sa cible à savoir Laško (est du pays) et Union (à Ljubljana) tout en y produisant ses propres bières ainsi que d’autres marques du groupe populaires à la fois dans les pays voisins et en Slovénie.

Du côté de Laško, l’objectif est de recapitaliser le groupe et maximiser la valeur pour les actionnaires (shareholder value).

Naturellement, cette annonce suscite quelques angoisses en Slovénie, notamment à l’endroit des près de 700 employés concernés, mais aussi au sujet du sponsoring. Laško est, à travers ses marques, une importante source de financement pour de nombreux clubs de sport slovènes en particulier et un mécène reconnu pour la culture en Slovénie.

Des rumeurs disent qu’en cas d’acquisition, Heineken pourrait songer à vendre à bon prix les locaux d’Union à Ljubljana étant donné qu’il sont situés pratiquement près du centre de la capitale. La presse s’interroge aussi sur le devenir de Delo, l’un des principaux quotidiens nationaux qui appartient à Laško, sachant que l’activité presse et médias n’est clairement pas une activité habituelle pour un industriel spécialisé dans les boissons.

Ce sont à toutes ces questions que la conférence de presse d’Heineken visait à répondre.

Laško s’est lui-même mis en vente l’année dernière en demandant à son futur acquéreur d’injecter 75 millions d’euros, essentiellement pour contribuer à réduire son endettement. Un pack d’actionnaires, composé essentiellement d’opérateurs appartenant à l’État ou des institutionnels (banques), met en vente 44,68 % des parts du groupe. Toutefois, d’autres actionnaires pourraient rejoindre l’opération afin que le paquet d’actions mis en vente atteigne la barre des 50 % du capital social du groupe slovène.

L’enjeu final est une prise de contrôle totale du groupe. En effet, la législation slovène exige que tout repreneur d’une participation d’au moins un tiers du capital d’une société doit faire également une offre pour le reste du capital.

 

Présentation du groupe Laško

Le groupe Laško, fondé en 1825, est le plus gros brasseur et producteur de boissons de Slovénie. Le groupe est côté à la bourse de Ljubljana (code : PILR). Il commercialise ses bières sous deux marques principales : Laško et Union qui se déclinent ensuite en plusieurs autres marques (Laško, Laško Special, Export Pils, Laško Malt, Union blonde, Union brune, Union Premium, Union Pils, Union Smile, Union Radler, Union sans-alcool…).

Les amateurs de bières en Slovénie aiment bien s’identifier à l’une ou l’autre des marques. Union à Ljubljana et Laško Pivo dans l’est du pays vers Maribor. C’est bien évidemment une rivalité qui n’existe que du point de vue marketing et affectif puisque les deux marques appartiennent au même groupe.

Laško produit également des boissons non alcoolisées (softs) et des eaux minérales. Toutefois, le groupe s’est peu à peu désengagé de ces marchés en revendant fin 2011 son activité jus de fruits Fructal au serbe Nectar pour 35,3 millions d’euros et ses eaux minérales Radenska au tchèque Kofola fin 2014 pour un montant de 51,8 millions d’euros ainsi que le brasseur kosovar Birre Peje, vendu pour 14,75 millions d’euros. Ces ventes s’inscrivent dans une stratégie de désendettement mais aussi plus générale de « dénationalisation » du groupe Laško.

Aujourd’hui, l’activité boissons softs de Laško se résume à la marque Vital Mestinje.

Par ailleurs, Laško est également propriétaire du quotidien slovène Delo.

 

L’activité (au niveau groupe)

Le groupe a connu une contraction de son activité en Slovénie, due en particulier à la crise actuelle que traverse le pays. Cependant, les exportations, en hausse, compensent en grande partie ce manque à gagner sur la marché national. Ainsi, 34 % (au 30/06/2014) des ventes totales des boissons du groupe ont été réalisées à l’export.

Quelques données chiffrées rapides pour l’exercice 2013 : le chiffre d’affaires net pour 2013 s’est élevé à 267 millions d’euros, l’EBITDA à 45,7 et le résultat net pratiquement à 9,8 millions d’euros. L’endettement était à ce moment de 235 millions d’euros, selon le rapport d’activité 2013.

Dans l’attente des résultats pour 2014, le dernier rapport d’activité complet (2013) est consultable sur le site du groupe.

 

Sources

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