Point sur la situation économique de la Slovénie en 2014, et projections pour la période 2015-2016


La Commission européenne publie les projections macroéconomiques pour tous les membres de l’Union européenne (UE) trois fois par an, au printemps (en mai), à l’automne (en novembre) et en hiver (en février). Ces projections sont produites par la Direction générale pour les affaires économiques et financières (DG ECFIN), basée à Bruxelles.

Voici un résumé du dernier rapport pour la période hiver concernant la Slovénie et mis à disposition du public le 5 février 2015.

 

Principaux points à retenir

La croissance continue en Slovénie, soutenue par les exportations et les investissements cofinancés par l’Union européenne (UE). Ainsi, en 2014, selon les estimations, l’économie de la Slovénie a connu une croissance de 2,6 % sous l’effet principalement d’exportations nettes vigoureuses et des niveaux d’investissements dans les infrastructures qualifiés d’exceptionnels.

Les projections pour 2015 indiquent que la croissance devraient être plus modérée, à 1,8 %. Toutefois, le rebond devrait se confirmer en 2016 à 2,3 %. Le programme de recapitalisation des banques a continué de peser en 2014 sur le budget du pays mais à mesure que cette restructuration bancaire progresse on s’attend à une diminution de son coût. La dette publique devrait par conséquent atteindre un point haut en 2015 avant de commencer à décliner.

 

2014 : un rebond de l’économie marqué par la performance des exportations et un niveau important d’investissements financés par l’UE

La Slovénie est sortie de récession en 2013 et son économie a donc bondi de 2,6 % sur les trois premiers trimestres de 2014 en année glissante. La base de la croissance s’est élargie même si les exportations en demeurent le moteur principal. Les exportations de la Slovénie ont continué de croître malgré une croissance économique plus faible observée chez certains de ses partenaires clés, marquant un accroissement de ses parts de marchés.
Les investissements ont représenté un autre pilier important de la croissance en 2014, en particulier dans le domaine des investissements d’infrastructure cofinancés par l’UE. Cependant, les investissements dans les équipements se sont partiellement contractés s’expliquant par un effet de base élevé (ndlr : « sortie de glissement » selon la définition de l’INSEE).
Quant à la consommation des ménages, elle s’est accrue pour la première fois depuis 2010 et la Commission estime qu’elle continuera de croître graduellement sur la période de prévision considérée.

 

Décélération temporaire de la croissance attendue suite à des modifications de certains de ses paramètres

Suite à la croissance robuste observée en 2014, celle-ci devrait diminuer à 1,8 % en 2015, en partie du fait d’une diminution de la part des investissements cofinancés par l’UE qui a été particulièrement élevée en 2014. Cependant, cette baisse devrait être partiellement compensée par la reprise des investissements dans le secteur privé, ainsi qu’à une meilleure utilisation des capacités et une meilleure productivité. En 2016, on estime que les exportations et la consommation privée conjuguées à une première reprise des dépenses de l’État depuis 2010 devraient faire croître le PIB de 2,3 %, sous réserve que la politique économique actuelle ne soit pas modifiée.

On s’attend à ce que les entreprises continuent leur désendettement, mais à un rythme moins marqué que par les années précédentes. La croissance des exportations nettes devrait diminuer durant la période de prévision tandis que le rythme de la demande domestique devrait s’accélérer. Après une hausse significative en 2014, une légère diminution de l’excédent de la balance des comptes courants est attendue, même si on estime que cet excédent devrait rester relativement élevé.

Le principal risque qui viendrait contrarier la croissance économique en 2015 est une moindre croissance des dépenses d’investissement public par rapport à ce qui a été planifié.

 

Diminution du chômage et baisse de l’inflation

Le chômage a atteint un point haut en février 2014 à 10,3 %, mais s’est inscrit en diminution pour atteindre 9,6 % en novembre 2014. Il est prévu que le taux de chômage continuera de diminuer durant la période de prévision. Les salaires du secteur privé devraient continuer d’augmenter modérément tandis que la poursuite de la modération salariale dans le secteur public en 2015 devrait freiner quelque peu la dynamique salariale générale. En conséquence, les coûts du travail n’augmenteraient qu’à la marge.

Le niveau d’inflation devrait rester selon les experts de la Commission européenne à des niveaux historiquement bas. L’inflation sous-jacente était de 0,9 % en 2014 et elle devrait baisser à 0,7 % en 2015. En 2016, la reprise de la demande intérieure devrait alimenter la hausse des prix. Sous l’influence de la récente baisse drastique du prix du pétrole et d’une tendance similaire pour ce qui concerne le prix des produits alimentaires et des biens de consommation, l’indice IHCP pour Indice Harmonisé des Prix à la Consommation qui mesure l’inflation au sein de l’UE devrait être négatif en 2015, à -0,3 %. Toutefois, il devrait connaitre une augmentation de 0,9 % en 2016, à mettre principalement sur le compte de la reprise de la demande intérieure et en prenant pour hypothèse que les prix du pétrole n’augmenteront que peu.

 

Déficit budgétaire attendu en baisse

En 2014, le déficit public global devrait s’élever à 5,4 % du PIB, une fois que les résultats définitifs seront connus, soit un point de plus que ce qui avait été estimé lors de la prévision dite de l’automne (pour rappel : 14,6 % du PIB en 2013, année de la crise bancaire en Slovénie).

Cette situation résulte de l’accord du gouvernement donné en décembre 2014 pour la mise en place d’un programme de remboursement des détenteurs de fonds de la Ljubljanska Banka. En excluant les dépenses exceptionnelles, le déficit est supposé s’être réduit de 0,4 points de PIB entre 2013 et 2014. L’augmentation de la formation brute de capital fixe, principalement à travers les projets financés par l’UE et un taux d’intérêt plus élevé, a été neutralisée par la réduction des dépenses de l’état et une augmentation des recettes fiscales.

Pour 2015, le déficit public général prévu est de 2,9 % du PIB. L’ajustement en 2015 est ciblé essentiellement sur une réduction des dépenses, notamment à travers des réformes de la politique de subventions et la prolongation des mesures destinées à réduire la masse salariale dans le secteur public. Les économies sur la masse salariale négociées avec les syndicats se sont avérées moins élevées que ce qui avait été anticipé dans le Projet de budget (DBP). Toutefois, ce glissement devrait être annulé par une réduction des consommations intermédiaires (ndlr : agrégat biens et services transformés ou entièrement consommés au cours du processus de production).

Le risque possible d’un coût additionnel imprévu susceptible d’impacter le budget 2015 et lié à une défaillance bancaire a, semble t-il, été atténué. En effet, en décembre 2014, le Parlement a passé une loi établissant un fonds de résolution des défaillances bancaires. Ce fonds sera financé par les banques et devra couvrir tout coût lié à une future (ndlr : éventuelle) défaillance bancaire.

En 2016, et à condition que la politique ne change pas, le déficit public devrait diminuer pour atteindre 2,8 % du PIB. Une augmentation significative des dépenses de consommation devrait en outre être largement neutralisée à travers une réduction de la formation brute de capital fixe faisant suite à une diminution des programmes de l’UE de la période 2007-2013.

En termes structurels, la situation fiscale devrait se détériorer d’un demi point (pp) en 2014 avant de connaitre une amélioration d’un tiers de point (pp) en 2015. En 2016, le solde structurel devrait se détériorer d’un demi point (pp), en cause, l’écart de production (ndlr : écart entre le niveau réel du PIB et son niveau potentiel). Les prévisions indiquent que la dette publique générale atteindra un plus haut en 2015 à 83 % du PIB avant de décliner à environ 82 % en 2016, grâce à une réduction escomptée du solde de trésorerie de précaution et à un modeste excédent primaire du budget.

Document source du DG-ECFIN publié en langue anglaise, Full forecasts for Slovenia, le 5 février 2015

 

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