La biodiversité, atout secret du tourisme slovène ?


La biodiversité, atout secret du tourisme slovène ?Avec la Croatie, l’Autriche, l’Italie et la Hongrie, la Slovénie est entourée de quatre tigres du tourisme européen. Une situation particulière, qui oblige le secteur touristique à ne pas répéter les schémas de ses voisins et à innover dans son offre.

 

 

 

 

 

 

La Slovénie, « une destination verte globale »

Selon la Stratégie pour le développement durable du tourisme slovène 2017-2021, adoptée en octobre dernier, « le développement vert, durable et responsable est reconnu comme l’un des fondements essentiels du développement touristique [du pays]. »

La vision exprimée par le document est simple : « une destination verte globale à la mode pour les visiteurs exigeants qui cherchent à la fois activités en plein-air, calme et satisfaction personnelle. » Ses richesses ? Sa nature intacte, ses paysages, ses sommets alpins, lacs, rivières et encore son littoral de 46 kilomètres.

Et la stratégie de s’accompagner d’objectifs chiffrés : augmenter la durée des visites à plus de trois jours et ainsi éviter que la Slovénie ne soit qu’une station sur le chemin de la Croatie ; de 18 000 à 22 000 nouvelles chambres, une augmentation de 50% des emplois du secteur, et plus de cinq millions de personnes par an.

Au nombre des atouts du pays, une diversité biologique de la Slovénie admirable pour un pays de 20 000 kilomètres carrés. Le paysage est particulièrement varié, entre les alpages du Nord, l’influence méditerranéenne au sud-ouest, les forêts de la moitié sud, la vallée de la Save inférieure et le début de la plaine pannonienne à l’est. Pourtant, la biodiversité animale de la Slovénie n’est encore mentionnée qu’à la marge, dans un pays habité par 24 000 espèces.

 

Faune unique et leviers pour le tourisme

Les montagnes sont un refuge pour de nombreuses espèces alpines. Les forêts du sud de la Slovénie sont peuplées d’ours bruns particulièrement bien protégés qui attirent un nombre croissant d’observateurs étrangers, notamment Français. Lipica et son haras, de réputation européenne depuis l’empire austro-hongrois, se remet lentement d’une crise de gestion et diversifie son offre.

Les grottes de Postojna sont peuplées du protée anguillard, une espèce particulièrement rare de salamandre évoquant le rejeton d’un dragon – Postojna s’approche des 40 millions de visiteurs et bat chaque année des records d’affluence. Les cavernes du Karst comptent parmi les points chauds de la biodiversité souterraine dans le monde et sont prisées des spéléologues européens.

La plupart de ces espèces reviennent régulièrement dans les médias internationaux, par exemple lors des transfert d’ours slovènes dans les Pyrénées, ou à l’occasion de la naissance de « bébés dragons » en 2016.

Dernier fait d’armes, la diplomatie slovène est parvenue en décembre dernier à convaincre l’Assemblée générale des Nations Unies de proclamer le 20 mai « journée mondiale de l’abeille ». Un moyen de sensibiliser pouvoirs publics et opinion à l’importance des abeilles pour l’agriculture et au besoin de les protéger, mais aussi un facteur de notoriété.

 

 

Cette stratégie de recherche de « niches » semble payer : le nombre de séjours touristiques en Slovénie a augmenté de 12% entre 2015 et 2016, une évolution supérieure à la moyenne européenne. Les touristes s’éloignent progressivement de Ljubljana et des principales villes balnéaires pour explorer des régions autrefois moins visitées. La compagnie aérienne nationale, Adria Airways, bat régulièrement son record annuel de voyageurs.

 

Pour aller plus loin…

Communiqué de presse du gouvernement, 5 octobre 2017 (en anglais)

Stratégie pour le développement durable du tourisme slovène 2017-2021 (en anglais)

Communiqué de l’Ambassade de Slovénie en France (en français)

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